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Michaël DEBÈVE au SCA !
Après une carrière exemplaire (18 ans chez les pros, 15 sélections Espoirs, un titre de champion de France et deux coupes de la Ligue), l'enfant du pays est de retour ! Michaël Debève s'engage avec le SCA pour le reste de la saison et signe une licence amateur à dater du 1er octobre 2004. Nous avons rencontré celui que tout le monde attend maintenant avec impatience...
Comment t'es-tu retrouvé au chômage en cette fin de saison 2003-2004 ? "J'avais signé un contrat de deux saisons avec l'Amiens SC. Je devais travailler pour le club après ces deux saisons et nous étions d'accord avec les dirigeants : je devais m'occuper du recrutement pour le club après ma carrière sportive. Malheureusement, tout a été remis en question en fin de saison dernière et j'ai appris une semaine avant la fin du championnat que j'étais en fin de contrat et que c'était terminé avec Amiens, j'étais donc au chômage. Je savais qu'il ne fallait pas se fier aux paroles dans le milieu professionnel, mais j'avais jusqu'alors travaillé avec des gens qui respectaient la parole donnée devant pas mal de témoins, et là les paroles n'ont pas été respectées du tout. J'ai senti en milieu de saison qu'il y avait un changement et qu'il n'y avait plus rien à attendre d'Amiens. C'est peut-être mieux ainsi car il aurait été difficile de travailler avec des gens qui n'avaient pas envie que je sois là ou que je leur fasse un peu d'ombre..."
As-tu eu des "touches" avec d'autres clubs pros ? "J'ai eu des contacts mais rien ne s'est concrétisé... Je n'ai pas eu de bâtons dans les roues par Amiens, je suis parti en bons termes avec le président, mais je suis arrivé à un âge, comme d'autres coéquipiers, où les clubs ne veulent pas s'engager sur un contrat avec des joueurs qui ont dépassé la trentaine. Je pensais pouvoir donner encore deux ans au niveau professionnel, les clubs l'ont vu autrement... ça fait longtemps que je suis dans le circuit et ils ont pensé que j'étais déjà fini, mais au niveau physique j'ai toujours montré que j'avais les capacités. C'est un peu dommage, mais c'est comme ça !"
Quels souvenirs garderas-tu du monde professionnel ? "Je garderai de très bons souvenirs. Quand on est gamin, on aspire tous à devenir pro... quand je suis parti en 86 pour Toulouse c'était pour ça, j'ai eu la chance de participer dès la première année aux entraînements des pros et de jouer en pros, ça a été une ascension fulgurante. Après il fallait y rester le plus longtemps possible, ce que j'ai fait jusqu'en juin dernier et je ne peux pas me plaindre. C'est un milieu assez intransigeant où il faut faire beaucoup de sacrifices, j'en ai fait pendant des années et des années, ça se termine maintenant mais ma carrière restera un bon souvenir... Depuis qu'on se connaît, ma femme a accepté beaucoup de choix et ne m'a jamais mis de barrières, elle m'a toujours laissé prendre les décisions et on a toujours assumé... Maintenant le moment est venu de se stabiliser à un endroit, j'ai bientôt 34 ans et il faut penser à la famille. J'étais en fin de contrat, rien d'intéressant ne m'a été proposé et je me suis tourné vers une fin de carrière sportive."
Quand ont eu lieu les premiers contacts avec le SCA ? "Il y a eu une première approche au mois de juin où j'avais rencontré Fred Philippe et Fabien Dercourt qui m'avaient demandé si j'étais prêt à venir au SCA un jour pour jouer ou pour les aider. Puis ils m'ont proposé de venir m'entraîner pour me rendre service, je suis venu en hésitant car je ne voulais pas perturber le groupe. Ça s'est très bien passé avec un groupe sympa et un entraîneur compréhensif, ça m'a permis de me maintenir en forme en attendant de trouver un club... il n'y a pas eu de club, et le fait de m'entraîner fait que je serai prêt dès que je pourrai jouer."
Quels problèmes se sont posés avant ta signature ? "C'est assez compliqué et j'ai eu l'aide de Jacques Glassmann (qui s'occupe des joueurs pro au chômage)... ce sont des règlements qui interdisent d'être reclassé amateur avant le 1er octobre. En juin ce n'était pas envisageable puisqu'on ne pouvait pas jouer en CFA2 dans ce cas, mais la loi a été changée au mois d'août et c'est à la fin de ce mois que les dirigeants ont commencé à me demander si je voulais jouer à Abbeville, on est tombés assez vite d'accord tout en réservant ma réponse, finalement la bonne décision a été prise, une décision qui va dans le sens de tout le monde..."
Quand espères-tu pouvoir jouer avec le SCA ? "A partir du moment où je signe le 1er octobre, le délai minimum est de 10 jours pour une qualification, au maximum de 25 jours, ce sera donc au bon vouloir de la Ligue et de la Fédération s'ils m'envoient les papiers assez rapidement, j'espère que ce sera le plus rapidement possible car j'ai l'intention de m'investir à fond pour Abbeville et la compétition me manque un peu..."
Que penses-tu de l'équipe abbevilloise que tu as vue jouer plusieurs fois ? "J'ai la chance de m'entraîner depuis un moment avec eux et de les avoir vu jouer. Il y a beaucoup de qualité dans l'équipe, il leur manque peut-être un peu de confiance et d'oser aller de l'avant, c'est ce qu'attendent les dirigeants, le public, l'entraîneur : aller un peu plus devant et marquer un peu plus de buts. Ceci dit, je ne suis pas un sauveur et je ne vais pas mettre cinq buts par match, d'autant plus que je ne suis pas spécialement un buteur, mais j'espère apporter mon expérience en milieu de terrain et aider à la construction du jeu. J'ai toujours été assez polyvalent et je pense me positionner plutôt dans l'axe, j'espère que cette polyvalence pourra permettre à l'équipe d'être un peu plus sereine : il y a beaucoup de qualité mais il faut que tout le monde l'exprime. L'équipe se réfugie beaucoup derrière la défense, on a une défense solide, un bon milieu de terrain, des attaquants qui sont capables de mettre des buts, il faudrait maintenant aller un peu plus de l'avant et se lâcher un peu..."
Les spectateurs vont attendre beaucoup de ta venue... "C'est vrai que partout où je suis passé on a attendu beaucoup de moi, mon nom a attiré pas mal de monde. A Abbeville je reviens chez moi et je pense qu'il y a du monde qui va revenir au stade pour me voir... mais je n'ai jamais choisi la facilité et ce sera à moi de donner confiance à mes partenaires, je ne suis pas là pour faire la différence tout seul mais pour les aider, il ne faut pas penser que mon arrivée va permettre à Abbeville de gagner tous les matches..."
Personnellement, quelle est ta conception du football ? "On m'a appris depuis que je suis gamin que ça doit être avant tout un plaisir, mais il est vrai qu'il faut une certaine rigueur. Mais je crois qu'il faut toujours chercher à aller de l'avant, ce n'est pas parce qu'on a des bons défenseurs qu'il faut défendre. Il y a des entraîneurs qui disent que plus le ballon est loin du but moins on a de chances de prendre des buts, je crois qu'il faut être très actifs et prendre des risques sur un terrain, ne jamais calculer, ce n'est que comme ça qu'on peut réussir de belles choses..."
Es-tu optimiste quant au classement du SCA en fin de saison ? "Oui je suis optimiste, mais ce n'est pas moi qui vais faire monter l'équipe ou la faire terminer en haut de tableau. Tous les joueurs ont un rôle important et il faut que chacun puisse se libérer, beaucoup de joueurs ont de grosses qualités mais ne les expriment pas au maximum pour l'instant..."
Comment a évolué le club de tes débuts ? "J'ai connu Abbeville en 2è division quand j'étais jeune, je n'ai joué qu'en minimes et cadets, je venais voir les matches en D2... C'est vrai qu'il y a une petite "traversée du désert" depuis le dépôt de bilan, j'étais triste car Abbeville représente beaucoup dans la région. Abbeville a un passé mais sûrement un avenir qui se profile, tout est fait avec les nouveaux dirigeants pour que le SCA reparte sur de bons rails, le club se structure de mieux en mieux et continue sa marche en avant..."
Quel est ton avenir à moyen terme ? "J'ai signé jusqu' à la fin de cette saison, ensuite on verra... En fin de saison dernière je m'étais déjà inscrit pour passer mes diplômes d'entraîneur, je n'ai pas attendu de me retrouver au chômage pour penser à ma reconversion mais il va falloir que je le fasse un peu plus rapidement. J'ai connu beaucoup d'entraîneurs de haut niveau et j'ai envie de transmettre un peu tout ce qu'on m'a appris. Je ne conçois pas le football sans plaisir avant tout et c'est ce que je veux transmettre : en ce moment on a plutôt tendance à freiner un peu tout le monde et à mettre des barrières, j'ai envie de changer un peu tout ça mais on verra si je peux appliquer ces idées sur le terrain..."
Propos recueillis par JPK
Michaël DEBEVE en bref
Né le 1er décembre 1970 à Abbeville, 1m82, 84 kg, marié, deux filles
Clubs : Débuts à Cambron, puis US Abbeville, puis SC ABBEVILLE (minimes - cadets), puis centre de formation de Toulouse... 1er match en D1 le 5 juin 1987 (Toulouse - Lens : 1-0) a joué à Toulouse de 86 à 94, à Lens de 94 à 99, au Havre en 99-2000, à Lens en 2000-2001 et jusqu'en fév 2002, Middlesbrough (de février à juin 2002), à Amiens (D2) de 2002 à juin 2004.
Palmarès : Champion de France avec Lens en 1998, Vainqueur de la Coupe de la Ligue avec Lens en 94 et 99, Finaliste de la Coupe de France avec Lens en 98, 15 sélections Espoirs
Matches joués : 1è division : 356 matches (30 buts) Coupe d'Europe : 6 matches (1 but) Angleterre : 4 matches Ligue 2 : 58 matches (1 but)
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